Ce n'est pas une nouvelle paire qui fait trembler le game ce matin, c'est un contrat. Kylian Mbappé quitte Nike, marque à laquelle il était lié depuis le tout début de sa carrière, pour s'engager avec On, l'équipementier suisse jusqu'ici identifié au running et au tennis. Voici pourquoi cette signature dépasse largement le simple transfert d'un sponsoring.
Un footballeur, mais pas un simple ambassadeur
Le communiqué officiel d'On est clair sur ce point : Mbappé travaillera directement avec les équipes produits de la marque, intégrant son expérience du très haut niveau dans le développement et les tests des futures chaussures et tenues de football. Autrement dit, il n'est pas là pour poser en crampons devant un objectif, il est présenté comme un partenaire de développement produit.
Cette logique n'est pas nouvelle chez On, elle est même fondatrice de la marque dans le running à travers une culture d'innovation et l'ingénierie suisse, incarnée par le CloudTec puis par LightSpray, sa technologie de fabrication robotisée introduite en 2024, qui construit une tige de chaussure à partir d'un filament projeté en continu. On applique désormais cette même méthode au football, avec l'ambition affichée de produire des chaussures extrêmement légères et précises.
Autour de Mbappé, deux autres figures structurent ce virage : Thierry Henry, nommé Directeur du Football de la marque après avoir travaillé dans l'ombre du projet depuis la fin 2025, et Sydney Schertenleib, internationale suisse et joueuse du FC Barcelone, arrivée chez On en décembre 2025 et désormais associée au développement produit pour le football féminin.
Comment une signature de sponsoring est devenue un séisme du sport business
Plusieurs éléments expliquent pourquoi cette annonce sort du cadre classique d'un simple changement d'équipementier :
- Une rupture historique. Mbappé était lié à Nike depuis ses débuts professionnels. Le voir partir vers un acteur venu du running, sans aucun ancrage football jusqu'ici, est un choix qui déplace les lignes plutôt qu'il ne les prolonge.
- Un positionnement d'actionnaire, pas seulement d'image. Selon plusieurs médias sportifs français, l'accord s'étendrait sur dix ans et ferait de Mbappé un actionnaire de la marque, un statut qui va bien au-delà du contrat d'image traditionnel entre un athlète et son équipementier.
- Un pari day-one plutôt qu'un rachat de légitimité. On n'avait jamais opéré dans le football avant cette annonce, ce qui signifie que la marque construit sa crédibilité sportive directement autour de Mbappé, Henry et Schertenleib, plutôt que de racheter une histoire déjà installée.
Ce que ça dit de 2026
Cette signature raconte peut-être moins l'histoire d'un joueur qui change de sponsor que celle d'un rapport de force qui bascule : les marques challengers, capables d'associer ingénierie de pointe et gouvernance partagée avec leurs athlètes, deviennent des interlocuteurs crédibles face aux mastodontes historiques du football business. Reste à voir si le pari produit tiendra ses promesses sur le terrain, ou si l'opération restera d'abord un coup stratégique et financier.